L’exploitation minière artisanale occupe une place prépondérante dans l’économie locale en République démocratique du Congo. Elle constitue pour de larges franges de la population une source vitale de revenus et de moyens de subsistance, dans un contexte marqué par le chômage et la rareté des opportunités économiques dans le secteur formel. Des centaines de milliers d’exploitants artisanaux, de négociants et de travailleurs informels participent à des activités telles que l’extraction, le lavage, la concentration, le transport et la commercialisation des substances minérales. Cette activité contribue de manière significative à l’approvisionnement des marchés internationaux, tout en assurant la survie économique de nombreuses familles.
Cependant, ce secteur est confronté à de nombreux défis, notamment un cadre légal fragilisé par la prédominance de pratiques informelles, le non-respect des droits humains et les impacts environnementaux.
Afin de mieux comprendre le secteur et ses défis, IPIS et plusieurs services techniques du ministère des Mines collaborent depuis 15 ans dans le cadre de la collecte de données primaires sur le terrain, notamment dans l’est et le sud du pays. IPIS s’est efforcé de mettre ces données en accès libre sous forme de données ouvertes (Open Data). Ces données sont accessibles non seulement aux autorités, mais aussi aux chercheurs, aux journalistes et au public en général à des fins de recherche et de compréhension.
Le Directeur Général du Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE), Jean Paul Kapongo Kadiobo, souligne que :
« Ce travail conjoint vise non seulement à mieux comprendre les dynamiques qui entourent le secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE), mais aussi à mettre à la disposition du grand public une information fiable et accessible, notamment par la publication de cartes interactives. »
Du 30 mars au 2 avril 2026, le SAEMAPE et IPIS ont organisé conjointement un atelier technique pour renforcer les capacités de cartographie des agents du SAEMAPE et d’autres services miniers, tels que le Cadastre minier (CAMI) et le Service géologique national (SGN-C). Cet atelier sera suivi d’autres formations conjointes afin de renforcer les compétences techniques des experts du ministère sur l’utilisation des outils d’analyse géospatiale modernes et de contribuer à une gestion efficace des données primaires sur l’exploitation des ressources minières.


« Dans un contexte où la politique générale de ce secteur repose sur la transition de l’artisanat vers la petite mine par le biais de la formalisation, la maîtrise des outils de gestion des informations géospatiales constitue un des piliers essentiels de la planification et de la prise de décision. Cette initiative revêt, dès lors, une importance capitale pour l’avenir du secteur de l’EMAPE, dont nous avons la responsabilité de réguler. »
Directeur Général du SAEMAPE, Jean Paul Kapongo Kadiobo



Cette initiative fructueuse a pu voir le jour grâce au soutien financier du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) et à l’accompagnement technique d’ECOGEODATA.


