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Cartographie des sites miniers artisanaux dans la concession aurifère de Kibali, territoire de Faradje

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Dans le territoire administratif de Faradje, situé dans la province du Haut-Uélé, au nord-est de la République démocratique du Congo, plus de 5 000 personnes dépendent de l’exploitation artisanale de l’or pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. De nombreuses familles de mineurs artisanaux le font depuis des générations. Elles travaillent actuellement sur des sites qui relèvent désormais en grande partie des permis d’exploitation minière détenus par Kibali Goldmines (Kibali), un joint-venture entre Barrick Mining Corporation, AngloGold Ashanti et la société parapublique congolaise Société minière de Kilo-Moto (SOKIMO). Les membres de la communauté critiquent depuis longtemps le manque de dialogue avec l’entreprise et les autorités congolaises.

Depuis 2014, le gouvernement congolais a régulièrement tenté de mettre fin à l’exploitation minière artisanale dans la concession de Kibali à Faradje, sans offrir d’aide significative aux mineurs pour les aider à trouver d’autres moyens de subsistance. À plusieurs reprises, les forces de sécurité ont fait usage d’une force excessive pour tenter de démanteler ces sites.

L’organisation néerlandaise PAX est active depuis longtemps dans la province du Haut-Uélé, où elle œuvre à la prévention des conflits et à la protection des droits humains. Cela inclut des activités liées à la mine d’or de Kibali. Depuis 2024, PAX et IPIS collaborent pour mener des recherches et formuler des recommandations sur la situation des mineurs artisanaux dans la concession de Kibali, en se concentrant sur le territoire de Faradje. Ensemble, nous avons produit deux rapports complémentaires. 

Le premier rapport, une fiche d’information rédigée par IPIS, donne un aperçu des résultats de la cartographie des principaux sites d’exploitation aurifère artisanaux dans la concession de Kibali à Faradje. Cette fiche s’appuie sur des recherches approfondies sur le terrain, menées à travers des entretiens avec divers acteurs du secteur minier artisanal, notamment des mineurs, des responsables de sites, des autorités locales, des représentants de la société civile et des services administratifs des sites miniers et des villages voisins.

Concession de la mine d’or de Kibali dans la province du Haut-Uélé.

Le rapport met en évidence plusieurs enjeux clés :

  • IPIS estime que près de 5 500 mineurs artisanaux travaillent sur ces sites miniers.
  • L’exploitation artisanale de l’or est une source vitale de revenus dans la région, et l’expansion progressive de la mine d’or de Kibali a alimenté les tensions avec les mineurs artisanaux, dont beaucoup craignent des expulsions massives et une perte de revenus.
  • Les tensions se sont intensifiées après le remblayage de plusieurs fosses minières, que les mineurs artisanaux ont reproché à Kibali.
  • Absence de contrôle efficace de l’État et conditions de travail précaires des mineurs artisanaux.
  • Des éléments de l’armée congolaise ont été accusés de mauvaises pratiques et d’ingérence illégale dans le secteur minier, conduisant à une perception négative parmi la population locale. Les allégations portent notamment sur la répression de la résistance des mineurs face au remblayage des fosses, la taxation illégale et la collaboration opaque avec des entreprises semi-industrielles chinoises.

Le rapport de plaidoyer de PAX « Gérer les conflits et dialoguer de manière constructive avec les orpailleurs dans la concession de Kibali en RDC » vise à encourager Kibali à dialoguer de manière plus constructive avec les communautés minières locales, à définir des mesures pour éviter et minimiser les impacts sur les mineurs artisanaux, et à promouvoir la résolution des revendications de longue date résultant d’un dialogue insuffisant dans le passé. De telles mesures pourraient contribuer à offrir un avenir plus digne à ces communautés. 

PAX a formulé les recommandations générales suivantes à l’intention de Barrick :

  • Soutenir les mineurs artisanaux durables à proximité de la mine de Kibali en créant des Zones d’exploitation artisanales (ZEA) ou en sous-traitant à des mineurs artisanaux ;
  • Promouvoir l’emploi d’anciens mineurs artisanaux à la mine de Kibali ;
  • Mettre en place des programmes de subsistance alternatifs pour les anciens mineurs artisanaux ;
  • Soutenir le retour volontaire des mineurs migrants vers leur lieu d’origine, si celui-ci est sûr.

La réponse de Kibali Goldmines à ces rapports est disponible en annexe.

Annexe :  Réponse de Kibali Goldmines 

Cette publication a été réalisée avec le soutien financier de la Direction générale Coopération au développement et Aide humanitaire (DGD) de la Belgique et du ministère néerlandais des Affaires étrangères. Le contenu de ce document ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de la DGD ni celle du ministère néerlandais des Affaires étrangères.