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Kufatilia remporte le prix Stop Slavery Award 2021

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Le prix Stop Slavery 2021 décerné par la Fondation Thomson Reuters a été attribué à Ulula pour le projet Kufatilia, dans la catégorie « collaboration ». Kufatilia est un système de suivi des incidents dans les mines artisanales et à petite échelle (ASM) développé par IPIS et supporté par Ulula. Il s’agit d’un outil permettant aux organisations de la société civile congolaise de signaler et de suivre les incidents dans l’Est de la RDC de manière transparente, indépendante et participative. Le projet Kufatilia soutient avec succès plus de 25 organisations de la société civile (OSC)* congolaises dans leur lutte contre le travail des enfants dans les sites miniers artisanaux de l’Est de la RDC depuis 2018.

Qu’est-ce que le prix Stop Slavery Award ? 

Le Prix Stop Slavery a été lancé en 2015 pour reconnaître et célébrer le travail accompli par les différents acteurs de la lutte contre l’esclavage. Chaque année, une série de prix sont décernés (sans soutien financier) aux projets qui ont le plus d’impact sur la lutte contre l’esclavage moderne.

Qu’est-ce que Kufatilia ? 

Kufatilia (qui signifie « suivre » en swahili) est une plateforme basée sur des SMS qui facilite le signalement et le suivi des incidents liés à la production, au transport et à la vente de minerais dans l’est de la RDC. La plateforme est active dans les provinces du Haut-Uele, de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le projet est composé d’une ligne de réclamation avec des questionnaires automatisés où les membres de la communauté et les mineurs peuvent signaler les incidents. Les rapports d’incidents sont disponibles sur un tableau de bord interactif sur le web où les OSC partenaires peuvent contrôler et suivre les questions relatives au travail, à l’environnement et aux droits de l’Homme auxquelles sont confrontés les mineurs artisanaux.

Pourquoi Kufatilia a-t-il remporté ce prix ? 

Le travail des enfants est l’un des nombreux types d’incidents qui peuvent être signalés et traités via cette plateforme. Depuis le lancement de la plateforme en octobre 2018, environ 300 cas de travail des enfants dans les sites miniers ont été signalés[1]. La plupart du temps, ils ont été vus en train de transporter des minerais (79 rapports d’incident), de concasser ou de nettoyer des minerais (54 rapports d’incident) ou de travailler dans des mines souterraines (53 rapports), ce qui est considéré comme l’une des pires formes de travail des enfants par l’OIT

Une autre étude d’IPIS indique que les enfants de moins de 15 ans participent activement à la production de minerais dans au moins 16 % des sites miniers visités (210 sites miniers sur 1 262)[2]. Le travail des enfants pendant les vacances scolaires est un phénomène bien connu. Mais l’augmentation récente du nombre d’enfants sur les sites miniers pourrait avoir été favorisée par la fermeture des écoles, l’une des mesures gouvernementales prises pour lutter contre la propagation du Covid-19 en 2020[3].

Que font concrètement les OSC pour résoudre les incidents de travail des enfants ? 

Plus de 25 organisations congolaises participent au suivi des incidents signalés via Kufatilia. Une fois qu’un signalement arrive sur la plateforme, les partenaires mènent différentes activités allant des missions de vérification, de sensibilisation à la législation minière et à l’interdiction du travail des enfants, de discussion avec les parents et les propriétaires des sites miniers, à la distribution de kits scolaires ou au soutien des enseignants. 

Ainsi, en novembre 2019, des enfants ont été signalés sur le site minier de Kachuba au Sud-Kivu. L’organisation CRESA a organisé une discussion avec les autorités civiles locales, l’administration minière et les représentants des écoles. 

« Grâce à un soutien financier, les enfants se sont vus offrir des cours de rattrapage en échange de leur départ du site minier », a commenté Innocent Cigoho du CRESA qui a suivi cet incident[4].

Au cours de la même période, des enfants auraient travaillé pendant les vacances sur le site minier de Kilima Mweza, sur le territoire de Mambasa, en Ituri. Notre partenaire ADECO a pris des mesures concrètes pour résoudre cet incident en organisant des activités saisonnières pour empêcher les enfants de passer leur temps libre dans les mines et en sensibilisant les acteurs locaux aux lois et réglementations minières.[5] Ce ne sont là que deux exemples concrets parmi tant d’autres du travail mené par nos partenaires du réseau Kufatilia. 

  • * Les OSC à Kufatilia en 2020

Le Prix Stop Slavery 2021 est un grand honneur et une reconnaissance de la réussite de Kufatilia en tant que projet et en tant que réseau. Les OSC congolaises suivantes ont participé à Kufatilia en 2020 :

CEGEMI, co-coordinateur de la plate-forme

Sud Kivu: CEGEMI, ACADOSHA, ACOSYF, APDE, CENADEP, FSH, CRESA, Max Impact

Ituri: ADECO, AEMAPRI, CDJP, FOMI, CDC/RN, RHA, CAJAC

Nord Kivu: Pole Institute, Save Act Mine

Beni : ASADHO, ASSODIP, CEPADHO, CRPRDH, APADER, CRDH

Haut-Uele : CPDH, FEATUWA, CAJAC

IPIS continuera à soutenir les organisations congolaises dans leur lutte contre le travail des enfants et les autres formes d’esclavage moderne et nous nous réjouissons de continuer à travailler avec nos partenaires pour un meilleur avenir des jeunes générations.



[1] IPIS (2021). Kufatilia – Dashboard of incidents in Eastern DR Congo. Available: https://ipisresearch-dashboard.shinyapps.io/kufatilia_app/ [Accessed March 2021].

[2] IPIS (2021). Artisanal Mining in DR Congo – IPIS Open Data dashboard. Available: https://ipisresearch-dashboard.shinyapps.io/open_data_app/ [Accessed March 2021].

[3] Matthysen, K., Hoex, L., Muller, T., de Brier, G. The impact of Covid-19 on the artisanal mining sector in eastern Democratic Republic of the Congo, IPIS, September 2020. Available: https://ipisresearch.be/publication/the-impact-of-covid-19-on-the-artisanal-mining-sector-in-eastern-drc/

[4] Internal Kufatilia project database.

[5] E. Gobbers, A. Jaillon and G. Kamundala, Transparency and Formalization of Gold Supply Chains in Eastern Congo, IPIS, Antwerp, April 2020, p. 40. Available: https://ipisresearch.be/publication/transparency-formalization-gold-supply-chains-eastern-dr-congo/



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